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Le BTP en Auvergne : nouveaux enjeux et perspectives
Moins florissant que les années précédentes, le secteur du BTP reste néanmoins très dynamique. Complètement transformé par les nouveaux enjeux environnementaux, toujours aussi pourvoyeur d'activités, persistant dans la recherche de nouvelles compétences, il est plus que jamais un moteur du développement local.

Au sommaire : 1 Les enjeux nationaux 2 Le paysage du BTP en Auvergne 3 Les emplois 4 Les métiers 5 Les formations 6 Opérations de promotion et de valorisation
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1 Les enjeux nationaux
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A l'heure actuelle, il n'est plus possible de parler du BTP sans évoquer l'environnement. En première ligne des domaines d'activités visés par le Grenelle de l'Environnement, le secteur, en particulier le logement est le plus grand consommateur d'énergie et doit en réduire l'utilisation. En effet, il représente 42,5 % de l'énergie finale totale et près du quart des émissions nationales de gaz à effet de serre. 2/3 de cette consommation concerne les logements individuels et 1/3, le secteur tertiaire. Le chauffage était responsable à lui seul de 70 % de la consommation générée par le logement. Un premier projet de loi qui vise à donner un statut législatif aux propositions du Grenelle de l'Environnement dans ce secteur, sera présenté cet automne.
Dans ces conditions l'enjeu pour le bâtiment est double : réhabiliter énergétiquement les 30 millions de logements du parc existant et apprendre à construire différemment. Former est un autre impératif induit par le Grenelle. Il s'agit d'apprendre aux professionnels à maîtriser des modes de pose ou des matériels, pas nécessairement récents mais jusqu'à présent peu répandus (isolation par l'extérieur, systèmes énergétiques combinés, panneaux photovoltaïques, etc.). Les industriels quant à eux devront pouvoir proposer ces matériaux ou matériels à haute valeur ajoutée, à prix abordables et en quantité suffisante. Par ailleurs, les professionnels devront se regrouper en fonction de la complémentarité de leurs compétences afin de proposer des solutions globales : le but, une plus grande qualité d'usage et une performance énergétique. |
2 Le paysage du BTP en Auvergne
Si en Auvergne, le secteur subit les aléas de la crise internationale de l'immobilier, celle-ci touche essentiellement le logement neuf. La rénovation du parc existant affiche une très bonne santé. Une santé dopée par les besoins de remise à niveau par rapport aux nouvelles normes de la construction durable. Il s'agit d'une manière de bâtir qui permet d'améliorer la performance environnementale et sanitaire des bâtiments, limiter la consommation d'énergie, préserver les ressources naturelles, choisir des matériaux performants d'un point de vue de l'environnement, assurer confort et bien être des occupants.

Quelle est la situation du secteur en Auvergne aujourd'hui ? Et demain ?
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En 2006, la croissance de l'activité bâtiment en volume est de 7 %, la construction neuve étant la plus dynamique. Celle des travaux publics est de 3,8 %. Les effectifs salariés enregistrent une progression de 3,2 % (source (UCF/CCCA), portant ainsi leur hausse depuis 2001 à 7,5 %. Quelques 258 salariés ont été embauchés avec un contrat de professionnalisation en 2007 (+24,6 % par rapport à 2006). Les trois quarts des contrats concernent des métiers techniques du BTP. (Source : GFC-BTP et FAFSAB) Le constat d'un rythme d'affaire ralenti (+4,9%) en 2007 est tout relatif au regard de la surchauffe de l'année 2006 (+11,2%). Le taux de progression du bâtiment atteint 5,4 %. Le secteur de l'entretien et de la rénovation est toujours soutenu par une TVA réduite à 5,5%. Les entreprises de travaux publics ont également enregistré des courants d'affaires très conséquents (+4%), générés par différents chantiers régionaux. Et ceci en dehors du chantier du tramway qui a été achevé en début de l'année. Pour l'année 2008, les chefs d'entreprises du secteur s'attendent à un faible développement de leur volume d'affaire (+1,4%) dans un contexte d'activité soutenu. Pour le 1er trimestre 2008, l'évolution des effectifs dans la construction sur le plan national est de 0,9%, soit davantage que dans le tertiaire et dans l'industrie. (UNEDIC) |
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3 Les emplois
Selon les dernières études, le maintien d'une activité soutenue en 2007 a favorisé une hausse des effectifs (+3,8%) quasiment identique à celle de 2006 et de 2005 (+4%). Les entreprises du TP ont largement recruté (+5%). Quant au bâtiment (+ 3%), le personnel a été davantage renforcé dans les entreprises de gros œuvre de plus de 50 salariés et des PME de second œuvre. En revanche l'interim a été surtout sollicité par les sociétés de second œuvre de plus de 50 salariés.
Malgré cette conjoncture générale favorable, l'Auvergne, encore plus que d'autres régions, reste victime de l'inadéquation entre l'offre et la demande d'emploi. A une problématique nationale, s'ajoute ici une courbe démographique particulièrement défavorable. Touchée par le vieillissement de la population en général et celle des chefs d'entreprises en particulier, l'Auvergne cherche une "relève".

En 2008, entre 3500 et 4000 projets de recrutement concernent la construction. Avec près de 650 intensions de recrutement, les maçons figurent au 2e rang régional des personnels les plus recherchés, difficiles à recruter et peu saisonniers. Les plâtriers, charpentiers et autres ouvriers qualifiés du GO, se placent au 4e rang régional avec près de 400 intentions de recrutement. Viennent ensuite les ouvriers qualifiés de TP, les techniciens du BTP (métreurs, dessinateurs, géomètres) et les ouvriers qualifiés second œuvre.

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4 Les métiers
Comme le confirme un document conçu par le MEDEF en partenariat avec le journal La Montagne, parmi les 50 métiers qui recrutent les plus en Auvergne, 13 sont dans le bâtiment. Voici la liste non exhaustive : agent de montage bois, canalisateur, carreleur, charpentier, chef de chantier, coffreur, conducteur d'engins de chantier, conducteur de travaux, grutier, électricien de chantier, maçon, menuisier poseur, ouvrier travaux publics, plaquiste, plombier-chauffagiste, peintre de bâtiment.

Même "son de cloche" à la CAPEB Auvergne. Selon son secrétaire général, Dominique Henaud, les petites entreprises se recentrent sur les activités liées au développement durable de l'habitat. Ce qui implique « une vision transversale du bâti. Quand un plombier intervient dans une maison, il doit désormais réfléchir sur les problèmes de l'isolation. Il est donc préférable qu'il travaille en partenariat avec une entreprise d'isolation. La démarche « Eco artisan » a pour but de permettre aux entreprises à se regrouper et proposer une offre groupée aux clients ».
En effet, face aux défis de l'environnement, la C.A.P.E.B. vient de lancer le label «Eco artisan », une démarche d'action et de formation particulièrement innovante. Car si le neuf prend bien en compte les nouvelles normes, il convient de doubler la régénérescence thermique du parc existant. Comme réponse à cet impératif, la C.A.P.E.B s'engage à proposer aux clients une évaluation des performances thermiques globales de leur logement et un conseil sur les techniques les plus adaptées pour améliorer ces performances. Les travaux réalisés seront contrôlés par un organisme de qualité.

@ : Un site des métiers et des qualifications du BTP : Conçu par les 9 organisations d'employeurs et de salariés du BTP, http://www.metiers-btp.fr est un centre de ressources accessible à tous les employeurs et salariés. Il a pour objectif de fournir un appui à la mise en oeuvre de la formation tout au long de la vie dans les entreprises du BTP de toutes tailles. L'Observatoire prospectif des métiers et des qualifications du BTP donne accès à des analyses prospectives et propose des outils pratiques comme le guide d'entretien professionnel, les carnets de compétences par métiers, le kit d'intégration d'un nouveau salarié. Il présente également les définitions de plus de 30 métiers du BTP, les missions et les savoir-faire, les diplômes, les titres professionnels et les certificats de qualification des branches du BTP Source : www.onisep-reso.fr
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5 Les formations
En Auvergne, l'offre de formation initiale pendant la période 2004/05 à 2007/08 a été marqué par une croissance soutenue des effectifs formés. Au total ils ont augmenté de 18,5%. Avec une progression de 27% pour la maçonnerie GO, 25 % pour la charpente, 23,3% pour le carrelage, 23% pour la peinture/vitrerie/revêtement/finitions/ et 21,6% pour la couverture. Un baisse est enregistrée dans les effectifs en charpente (20%) et TP (-13%). L'apprentissage est la voie de référence dans le domaine avec 73,3% des effectifs totaux formés. Avec un CFA par département, l'offre est répartie sur l'ensemble du territoire pour les CAP. Les BEP se trouvent essentiellement dans le Puy-de-Dôme et l'Allier, le BP dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire. On peut noter quelques spécificités auvergnates comme par exemple une offre de formations dans le domaine du carrelage et couverture qui est concentrée dans le Cantal et l'Allier, l'offre en charpente étant localisée dans la Haute Loire et l'Allier. Cependant, dans la région, il n'existe pas de formations en travaux publics par l'apprentissage. Une demande dans la profession de s'appuyer sur le CFA d'Egletons pour constituer un CFA interrégional est actuellement en cours d'étude.

Le contrat de professionnalisation (308 signés dans le secteur en 2007) constitue une réponse adaptée aux difficultés de recrutement et au renouvellement lié aux départs à la retraite. Dans ce sens l'OPCA Bâtiment et l'OPCA Travaux publics se sont fixés un programme ambitieux considérant qu'il s'agit aussi d'un tremplin vers une intégration durable. Ce type de contrat offre une grande souplesse dans le montage parcours de professionnalisation et permet une adaptation totale au profil de la personne et aux besoins de l'entreprise. L'AREF met en place des actions collectives en partenariat : « Maçons coffreurs » avec la FFB Puy-de-Dôme et le GEIQ BTP et « Agent Technique Travaux publics », formation qualifiante organisée dans le Puy-de-Dôme en coopération avec la FRTP Auvergne.

Là aussi, les besoins de nouvelles compétences sont importants. Les repreneurs potentiels doivent assimiler des connaissances aussi variées que le droit, la vente, les nouvelles techniques, le management. Et prendre conscience que ce n'est pas parce qu'on est « seulement » un bon technicien qu'on peut gérer une entreprise dans le contexte actuel. « Les reprises locales se font en majorité dans le cadre familial, elles se doivent d'intégrer une vision stratégique. Quant aux repreneurs gestionnaires qui viennent de l'extérieur, ils ont besoin d'acquérir la culture du BTP », insiste Mme Lathaud
Le manque de préparation des acquéreurs comme les cédants conditionne un taux de défaillance des sociétés reprises de 2 fois supérieur à celles en développement. En 5 ans il a atteint les 20 %. Aussi l'AREF propose une formation en alternance adaptée qui se déroule sur 22 jours. Fondée sur l'expertise et un conseil en prise avec la réalité économique, elle permet d'outiller les repreneurs et de les accompagner dans la structuration de leur projet.

Dispositif national de formation pour la rénovation énergétique, le FEE BAT a été lancé en décembre 2007 en faveur des entreprises et artisans du secteur. Il vise à adapter et renforcer leurs compétences dans le sens d'une approche plus globale de cette rénovation. La formation repose sur trois modules dont deux sont disponibles dans 90 centres en France : Module 1 : identifier les éléments clefs d'une offre globale d'amélioration énergétique des bâtiments existants, élaborer les différentes solutions techniques et maîtriser leurs interactions, Module 2 : maîtriser les outils pour mettre en œuvre une offre globale d'amélioration énergétique des bâtiments existants. Module 3, décliné par groupe de technologies : connaître, maîtriser et mettre en œuvre les groupes de technologies performantes d'amélioration énergétique des bâtiments. S'inscrivant dans la droite ligne des orientations du Grenelle de l'Environnement, l'objectif est de former plus de 50 000 personnes d'ici à fin 2009.
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